À Hong Kong, le tatouage porte les manifestations

  
 

 

L’AFP relève que de nombreux Hongkongais se font tatouer les symboles de la contestation, en plein contexte de manifestations contre l’amendement de la loi d’extradition. Dans cette région où l’engagement est massif, certains professionnels ont même tatoué les manifestants gratuitement.

 

Le contexte

Depuis les derniers jours de mars 2019, Hong Kong vit un nouveau moment charnière dans son histoire. Des manifestations contre l’amendement de la loi d’extradition par le gouvernement ont lieu dans cette région administrative spéciale. Les très nombreux participants (ils étaient 1,7 million à se réunir le 18 aout dernier… soit près d’un Hongkongais sur cinq)  réclament l’annulation de cet amendement, car ils considèrent qu’il permettra à la Chine continentale d’intervenir dans le système juridique indépendant de leur région.

 

Le tattoo comme signe de la lutte pour la liberté

Si les motivations énoncées par les Hongkongais interrogés par le journal Ouest-France sont plurielles, l’affirmation de l’identité hongkongaise fédère. "Avec ce tatouage, je me souviendrai toujours de cette année où j’ai lutté pour ma liberté", déclare par exemple une employée du secteur financier.

 

Tatoueur professionnel, Vincent Yau confirme que "beaucoup de gens veulent entretenir le souvenir de ces événements". Pour lui, "se faire tatouer, c’est un moyen de se dire que vous appartenez à ce grand mouvement". Comme nombre de ses consœurs et confrères, il a tatoué gratuitement la plupart des manifestants "en signe de soutien".

 

Parapluies, masques à gaz, caractères chinois : les motifs plébiscités

Si les motifs divergent, certains thèmes font consensus en ce qu’ils symbolisent la résistance hongkongaise. Sur les épidermes, on trouve ainsi :

 

  • des parapluies, hommage aux manifestations de 2014, toujours face au gouvernement chinois
  • des masques à gaz, usités face à la police
  • deux caractères chinois pouvant signifier "Hong Kong" ou "courage" selon le sens de lecture

 

 

Tentés par le tattoo, certains préfèrent toutefois faire preuve de patience. C’est le cas de ce quadragénaire qui ambitionne de se faire tatouer sur toute la longueur du bras des scènes des manifestations. "Il ne veut pas prendre le risque d’être touché par des gaz lacrymogènes ou d’avoir une plaie", explique sa tatoueuse… non sans pragmatisme.