Fermeture Covid : pour une dérogation au profit des studios de tatouage

  
 

 

Immédiatement après l’annonce d’un nouveau confinement par Emmanuel Macron le 30 octobre 2020, le bureau de Tatouage & Partage a sollicité le Directeur général de la Santé pour que les studios de tattoos, objets de mesures d’hygiène déjà drastiques, puissent conserver le droit de rester ouverts.

 

De nouvelles interdictions promulguées dès le 30 octobre 2020

Suivie par quelques 32 millions de téléspectateurs, l’allocution télévisée de M. Macron du jeudi 29 octobre 2020 avait un bien amer arrière-goût de déjà-vu. « Les Français vont être soumis à un deuxième confinement à compter de la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre », résume le journal Le Monde. « Déjà expérimenté au printemps, le confinement n’est pas une procédure inconnue. Mais plusieurs dispositions ont changé dans la nouvelle version », précise le quotidien.

 

Les ERP, eux, héritent du même traitement qu’en mars 2020 : ces Établissements Recevant du Public doivent fermer suivant le même cadre qu'au printemps, a annoncé le président de la République. À l’heure où Tatouage & Partage écrit ces lignes, tout porte à croire que les studios de tatouage ne feront nulle exception et devront, eux aussi, fermer boutique jusqu’à une date encore inconnue.

 

Notre échange avec le directeur général de la Santé lors du 1er confinement

C’est pour pallier à cette fatalité que le bureau de notre association a écrit à M. Jérôme Salomon, directeur général de la Santé (DGS) depuis 2018. En effet, c’était déjà ce haut fonctionnaire qui, le 6 mai 2020, nous avait informés que les recommandations émises par notre bureau dans le cadre du protocole sanitaire visant à une réouverture des studios de tattoo et de piercing étaient en accord avec celles du ministère de la Santé. Cet aval avait résulté en une reprise d’activité pour toutes nos consœurs et tous nos confrères dès le 11 mai.

 

Notre lettre à M. Jérôme Salomon dans son intégralité

Nous vous proposons de découvrir, dans leur entièreté, les arguments exposés au DGS. Ce message à destination de M. Salomon, Tatouage & Partage l’a couplé à des envois à la préfecture, à plusieurs ARS, ainsi qu’au Ministère de la Santé.

 

Monsieur Le Ministre,

Monsieur Salomon,

Mesdames, Messieurs de la Direction Générale de la Santé,

Nous vous avions contacté au mois de mai dernier afin d’obtenir l’aval du Ministère de la Santé concernant le protocole sanitaire que nous avions mis en place pour rouvrir nos studios de tatouage lors du déconfinement.

Comme vous le savez, notre profession fait très attention à respecter des normes d’hygiène très élevées et cela, avant même la crise du Covid.

Nous avons renforcé ces normes pour éviter une trop grande fréquentation par le public de nos salles d’attente, aération, port du masque systématique, lavage des mains beaucoup plus fréquent et, comme habituellement, le port des gants…

Nous pouvons renforcer cette partie en fermant la porte des studios et en ne recevant qu’un seul client par tatoueur et uniquement sur rendez-vous. Vous aviez constaté, dans le protocole que nous vous avions envoyé, notre implication à faire fonctionner au mieux économie et contingences sanitaires.

Nous savons que notre activité n’a rien de primordial pour les clients, mais elle l’est pour nous et nos familles. Nous savons que vous êtes tout à fait conscients de cet état de fait, mais nous sommes une des rares profession qui peut justifier de normes d’hygiène draconiennes qui permettraient que nous restions ouverts.

De plus, la grande majorité de nos confrères et consœurs sont travailleurs indépendants et n’ont donc pas droit au chômage ou aux aides mises en place par notre gouvernement. Une fermeture serait donc catastrophique.

Nous avons les moyens de travailler en toute sécurité sanitaire, pour nous et nos clients.

Nous sommes une famille de tatoueurs depuis presque 40 ans et nous avons créé notre association de professionnels il y a 10 ans pour structurer notre métier. Notre association compte 1 500 membres et nous travaillons en partenariat avec grand nombre d’ARS au niveau local.

Nous comptons sur votre réponse rapide afin que nous puissions rassurer les quelques 10 000 professionnels du tatouage en France et éviter que bon nombre d’entre eux ne mettent la clé sous la porte avant la fin de l’année.

Bien cordialement,

Mme Chaudesaigues

 

Notre espoir ? Que le protocole si exigeant adopté par les tatoueuses et tatoueurs de France depuis mai 2020 ne l’ait pas été en vain, et nous permette de préserver plusieurs milliers d’emplois à travers le pays.