Coronavirus : fermeture obligatoire pour les studios de tatouage

  
 

 

Publié le lundi 16 mars 2020 à 17h15

 

Au 16 mars 2020, les studios de tatouage de France doivent fermer leurs portes jusqu’au 15 avril 2020. Benoît Le Dévédec, juriste et auteur des articles « Histoire, sociologie et droit du tatouage » sur le site Tatouage & Partage, nous livre son éclairage.

 

Tatoueurs, tatoueuses,

 

Suite à l’allocution du premier ministre Édouard Philipe, le ministre de la santé Olivier Véran a pris l’arrêté du 14 mars 2020 portant diverses mesures relatives à la lutte contre la propagation du virus Covid-19. On y apprend que « les rassemblements, réunions ou activités indispensables à la continuité de la vie de la Nation peuvent être maintenus » et que ne peuvent recevoir du public : les salles d’auditions, de conférences, de réunions, de spectacles ou à usage multiple, les centres commerciaux, les restaurants et débits de boissons, les salles de danse et salles de jeux, les bibliothèques, centres de documentation, les salles d’expositions, les établissements sportifs couverts ainsi que les musées.

 

Ce terme de « centre commercial » renvoie, selon un arrêté du 25 juin 1980, à un groupement d’établissements recevant du public. À première vue, les salons de tatouages n’étaient donc, au regard de ces arrêtés, pas concernés par l’interdiction de recevoir du public. Ils ne sont en effet pas des centres commerciaux et n’entrent pas dans la catégorie des rassemblements, réunions et activités évoquée.

 

Une ambiguïté balayée par un arrêté complémentaire

Cependant, chaque préfet de région ou de département peut prendre un arrêté préfectoral au niveau local pour interdire l’ouverture des salons de tatouage, ou plus largement des petits commerces. Il était donc nécessaire de rester vigilant et de se renseigner auprès de sa préfecture de département ou de région.

 

Depuis, un second arrêté est venu compléter ce lundi 16 mars 2020 le premier arrêté, listant les établissements conservant le droit d’accueillir du public. Y figurent, à titre d’exemples, supérettes, distributions alimentaires assurées par des associations caritatives, réparation d'équipements de communication ou encore services funéraires.

 

Les studios de tatouage ne figurent pas dans cette liste. De fait, les tatoueurs souhaitant exercer en dépit de ces interdictions, même en studio privé, s’exposent à de lourdes sanctions.

 

Pour autant, comme nous l’avons déjà constaté, la situation est susceptible d’évoluer rapidement. Notamment, le chef de l’État a prévu de s’exprimer à nouveau le lundi 16 mars à 20h, avec l’annonce probable d’un confinement drastique. Nous ne manquerons pas de mettre à jour cette page si des mesures complémentaires s’ajoutent à celles évoquées ci-avant.

 

Le bon sens au-delà des arrêtés

En tout état de cause et au-delà des mesures administratives, nous devons tous prendre conscience de la gravité de la situation et adopter un comportement responsable et exemplaire. Nous comptons sur vous pour respecter les consignes de sécurité ainsi que les interdictions ; pour votre santé, celle de vos proches et de vos clients.

 

Prenez soin de vous.

 

Arrêtés applicables au lundi 16 mars 2020 :