Pratique du tatouage en open-space : ce qu’en dit le Ministère

  
 

Si le déconfinement approche indéniablement, sa mise en place s’annonce dans une situation sanitaire encore très fragile. L’occasion de venir préciser certains points à destination des professionnel·les du tattoo.

 

Aujourd’hui, nous pouvons dire que les tatoueuses et tatoueurs ont, à bien des niveaux, œuvré à valoriser la profession et font partie de ceux témoignant le plus de connaissances sur les règles d’hygiènes. Autrement dit, ils sont bien placés et préparés pour entamer ce déconfinement de manière sereine. En outre, beaucoup de mesures de protection ont été proposées et constituent un gage supplémentaire de leur sérieux.

 

Néanmoins, il est un point qu’il faut évoquer, car il est peut-être encore trop flou ou mal compris : c’est celui des locaux et, plus précisément, des open-spaces.

 

Pour ce faire, commençons sur un court rappel historique. À la mise en place de la législation, le travail à plusieurs dans une même pièce n’était pas autorisé. Seuls pouvaient être utilisés des pièces distinctes ou des boxes fermés. Nous avons pu voir des shops fermés provisoirement car les cloisons des boxes n’étaient pas closes jusqu’au plafond ni jusqu’au sol (espace de 20 centimètres seulement qui « étaient encore de trop »).

 

Cependant, le nombre de tatoueur croissant année après année, il y a eu de plus en plus de shops où l’on pouvait voir plusieurs tatoueurs dans la même pièce. Des questions se sont posées, certaines ARS se sont assouplies, d’autres moins.

 

Il revenait régulièrement, notamment dans le contexte des conventions qui, doit-on le rappeler, demeure un principe d’exercice ponctuel et provisoire, qu’une distance de sécurité d’au moins 2 mètres avec des postes de travail et des stocks dédiés devait être respectée entre chaque tatoueur. Par prolongation, cette règle a été – à tort – appliquée aux shops.

 

Ce principe de travail à plusieurs dans un même espace faisant souvent débat, nous avons fini par nous adresser à différentes ARS de France. Alors que certaines campaient sur leur position quant à l’interdiction formelle de cette pratique, d’autres semblaient plus enclines à accepter la mise en place citée plus haut.

 

Finalement, nous avons obtenu un retour du Ministère, et il va de soi que sa décision prévaut sur les avis des sections régionales. En voici le contenu restitué :

 

Bonjour Madame,

 

Je vous adresse la réponse du Ministère suite à votre question sur la pratique du tatouage ou perçage à plusieurs par salle et par type de pratique :

 

« L’arrêté du 11 mars 2009 relatif aux bonnes pratiques d’hygiène et de salubrité pour la mise en œuvre des techniques de tatouage par effraction cutanée  (…), prévoit que les pratiques de tatouage sont à organiser en respectant les principes d’hygiène de base : séparer le « sale » du « propre », concevoir un circuit de « marche en avant », faire en sorte que les patients entrant ne croisent pas les patients en cours de tatouage. Ceci exclue donc l’usage d’une salle unique partagée par plusieurs tatoueurs sans disposition particulière (séparation physique de zone et respect des flux de personnes et de matériel par exemple) ».

 

Bien cordialement.

 

Hervé DUPONT| Secrétaire

- Ets de santé secteur Artois-Douaisis

- Déclarations tatouage, perçage corporel, maquillage permanent

 

L’activité de tatouage ne peut se faire à plusieurs dans la même pièce qu’à condition de respecter une distance entre les différents postes de travail avec des postes dédiés et qu’à condition qu’aucun acte ni passage ne puisse venir perturber un autre acte en cours, à moins d’y avoir installé des barrières physiques (boxes). Ce qui revient à dire que si un tatoueur est en train d’exercer, aucun autre ne peut venir se mettre en poste durant l’acte. Tous les actes doivent donc commencer et les postes être quittés en même temps. Ou alors faire le choix de travailler chacun son tour – inenvisageable.

 

Conclusion : l’activité de tatouage à plusieurs dans la même pièce comme pratiqué à l’heure actuelle n’est pas autorisée.

 

Ce point n’est pas ouvert à discussion, puisqu’il dépend de la législation. Il est d’autant plus important dans ce contexte de pandémie. Il ne sert donc à rien de s’insurger si vous êtes aujourd’hui dans une situation de non-possibilité de reprise car travaillant à plusieurs : il vous reste encore quelques jours pour mettre en place des cloisons. On en trouve en vente chez Leroy Merlin, et l’on peut y retirer des marchandises.

 

Une dernière précision pour la fermeture de boxes par rideau : ceux-ci doivent être lessivables et non poreux. Les rideaux de douche font parfaitement l’affaire !

 

Nous vous souhaitons à toutes et tous un bon retour au travail, dans le respect des règles d’hygiènes !

 

Auteure : Alice Devillers

www.facebook.com/tatoueurs